Les jours me sont si doux

Gabrielle de Coignard

Les jours me sont si doux en ce beau lieu champêtre,
Voyant d’un fer tranchant fendre le long guéret,
Et enterrer le blé jaunissant, pur et net,
Puis le voir tôt après tout verdoyant renaître.

Mon Dieu le grand plaisir de voir sur l’herbe paître,
La frisée brebis portant son agnelet.
Et le cornu bélier qui marche, tout seulet,
Au devant du troupeau, comme patron et maître.

L’air est délicieux, sans pluies, ni chaleurs,
Un petit vent mollet fait ondoyer les fleurs,
Les bois portent encor leur superbe couronne.

L’on n’oit point la rumeur d’un vulgaire babil,
Sinon des oiselets le ramage gentil ;
Loué soit l’Éternel qui tous ces biens nous donne.

Gabrielle de Coignard

Les jours me sont si doux en ce beau lieu champêtre